Otterburn Park, sous le soleil de février
Zanmi mwen,
Nous partageons la même douleur face aux tragiques événements qui frappent encore une fois le peuple haïtien. Et la même espérance. Nos 107 parrainés, sains et saufs!
Depuis le séisme, nos parrainés de Grand-Goâve couchent dans la rue avec leurs familles. À force de recoupements, de témoignages, de recherche sur place par nos agents Félix et Hary, nous pouvons avancer que nos 107 parrainés sont sains et saufs, bien que nous regrettions le décès du père de Monique Charles.
Projets-Maryse choisit d’aider les plus pauvres parmi les pauvres. Heureux paradoxe, leur pauvreté leur a peut-être sauvé la vie! L’effondrement de leurs humbles cayes a causé peu de blessures parce que les murs sont montés en lattes d’acacia et la couverture recouverte de feuilles de tôle ou de branchages séchés. Pour une fois, leur dépouillement aura joué en leur faveur.
Grand-Goâve
Grand-Goâve est situé à 52 km de Port-au-Prince, plus précisément entre les villes de Léogane et de Petit-Goâve. Or on sait que l’épicentre du tremblement de terre de force 7,1 (12 janvier) était logé à Léogane ; la réplique de 6,0 (23 janvier), à Petit-Goâve. À cause des secousses, Grand-Goâve a été détruit à 80%. Début février, deux secousses se font sentir chaque jour : une le matin, la seconde le soir.
Nichée hors des grands centres, la localité de 8 000 h. et la grande région de 110 000 h. attendent les secours. Les habitants ont peu d’eau potable, peu de nourriture ; ils couchent sur des terrains vacants, sans abri, alors que la saison des pluies ne tardera pas à débuter.
Notre action immédiate
Grâce à vos généreux dons, nous comptons déjà trois interventions signifiantes.
1. 3 000,00$
Le mercredi 20 janvier, avant même la réouverture du système bancaire, nous avons fait parvenir au père Fritzer Valeur, le bon curé de la paroisse de Grand-Goâve, la somme de 3 000$ pour nourrir la population. La somme a été expédiée via la filière de sa communauté religieuse, les Clercs de Saint-Viateur, postés en Haïti depuis cinquante ans.
2. 2 000,00$ par mois
Le lundi 25 janvier, nous avons fait parvenir à Félix, notre agent de projets qui vit sur la place, la somme de 2000,00$ pour l’achat de sacs de maïs additionnels pour les familles de nos parrainés. Chaque mois, nous lui enverrons 2 000,00$ pour l’achat et la distribution de maïs moulu.
3. 15 000,00$
Depuis Santo Domingo, le vendredi 29 janvier, sous la direction de Michel Meyniel, la coalition formée de Action-Haïti, Microfinance nord-sud et Projets-Maryse a organisé un convoi de provisions d’une valeur de 15 000,00$ pour nourrir la population de Grand-Goâve.
Au total, 400 boîtes de vivres de quoi nourrir 400 familles durant sept jours! À cela s’ajoutent 200 sacs de riz supplémentaires, de l’eau, et des médicaments.
Le contenu d’une boîte familiale :
- 10 lb de riz,
- 3 lb sucre, 2 lb spaghetti,
- 1 lb de coditos (macaroni),
- 3 lb de farine de maïs,
- 2 lb de haricots,
- 2 lb d’avoine,
- 1 lb de sel,
- 4 unités de pica pica et de sazón completo (épices),
- 2 unités de lait en poudre,
- 2 unités de sauce,
- 6 unités de bouillon de poulet,
- 10 sachets de coco,
- 1 tablette de chocolat,
- 2 lb de chenchen (préparation dominicaine),
- 2 sachets de jus Ya,
- 1 tube de pâte dentifrice, 4 unités de savon,
- 2 lb de blé
Les écoles
1. Saint-Joseph de Laporte
L’école-église Saint-Joseph de Laporte s’est complètement effondrée. Yves, l’un de nos enseignants, a été grièvement blessé. Le vendredi 29 janvier, seize jours après le tremblement, il a enfin été pris en charge par l’équipe médicale du bateau-hôpital de la Marine américaine. Pour l’heure, nous n’avons pas de nouvelles de son état de santé. Deux adultes ont péri dans les décombres.
L’École Saint-Joseph, sise à 3 heures de marche du village de Grand-Goâve, a fermé ses portes en 2005, faute d’enseignants et de moyens pour leur payer un salaire décent. Grâce au soutien financier de la gang à Alain Bouthillette (amis, garderie, élèves) et à l’École nationale de l’humour (membres du personnel et étudiants) l’école a rouvert ses portes en septembre 2007. Au moment du séisme, l’école comptait 75 écoliers du préscolaire à la 5e année, quatre enseignants consciencieux et … de beaux livres tout neufs pour chaque matière…
2. Jean-Jacques Dessalines de Papatembre
L’école Jean-Jacques Dessalines de Papatembre, terminée en avril 2009 est debout! Grâce à la pose d’une « poutre de libage » entre la fondation de pierres et les murs de blocs de ciment, l’édifice était antisismique! Au moment de la construction, nous avions suivi à la lettre l’avis de l’ingénieur, M. Patrick Théodore. La petite école voisine (2 classes) construite par l’OIM en 1995 s’est effondrée, de même que la chapelle qui abritait un groupe de préscolaire. Ces deux édifices avaient été déjà ébranlés par le cyclone Gustav en 2008. Mais pas la jolie école rose!
3. Maranatha de Grand-Goâve et Notre-Dame-Marie de Petit-Paradis
Ces deux écoles reçoivent 70 parrainés. Heureusement, elle hors de l’alignement de la faille, elles ont résisté. Il restera à évaluer sur place la gravité des lézardes avant de permettre aux élèves de réintégrer le bâtiment.
4. Classe de préscolaire de Thozin
La petite école construite en 2007 n’a pas résisté.
Vos dons
Depuis le 13 janvier dernier, près de 100 donateurs m’ont fait parvenir des dons pour un total approchant 20 000,00$. C’est énorme! Votre vive sollicitude du début s’est transformée en des gestes de solidarité fraternelle.
Trois écoles secondaires de la Montérégie ont été actives. L’initiative d’un élève ou d’un enseignant a permis d’amasser plusieurs sous…
 Dans l’une, le chapeau passé chaque jour de la semaine a récolté 1 500 $ ;
 Dans une autre, un bal improvisé : 2 400 $ ;
 Dans la troisième, le port illégal du jeans et de la casquette : 1 050 $.
Deux écoles primaires offrent leur part de la dictée PGL.
Aussi des initiatives personnelles.
 Un enfant de huit ans : tous ses cadeaux de Noël plus un mois d’allocations : 60$, son frère, cinq semaines d’allocation : 30$.
 Un jeune : le salaire de ses travaux chez une voisine : 100$.
 Deux fillettes sont passées à chaque porte de leur quartier pour offrir gratuitement quatre biscuits pâtissés avec leur mère : 150$!
Ses cadeaux de Noël, leurs allocations, son salaire, ses biscuits maison. De touchants exemples de générosité.
Et l’avenir?
Retourner? Bien sûr!
Maryse espère se rendre sur place en mars ; Jean-Olivier et moi en avril, dans la mesure où la route et le gîte seront sécuritaires. À cause d’obligations professionnelles, Frédéric Gagnon doit contremander son voyage.
Pour quoi faire?
D’abord constater l’état de la situation, en dresser un inventaire. Voir, juste voir. Visiter les familles; serrer les parrainés dans nos bras.
Puis mesurer, évaluer l’aide à apporter. Envisager la rentrée scolaire de septembre.
Comment aider?
Par l’écoute. Les Haïtiens sont sur place. Il s’agit de leurs biens, de leur patrimoine, de l’avenir de leurs enfants. Nous allons être à l’écoute de leur vision des choses, de leurs projets de reconstruction.
Puis nous renseigner sur l’aide promise par les gouvernements, par l’UNESCO et par les grandes ONG.
Enfin, proposer notre aide.
Un toutimot…
Un toutimot pour vous dire merci de votre confiance et de votre soutien. Marie-Thérèse et moi sommes profondément touchés par la main que vous déposez sur notre épaule.
Antonio
N.B. : Jean-Olivier Richard vous renseigne au quotidien :
http://projets-maryse.blogspot.com/